Pourquoi ce blog ?

Ce blog n’est pas vraiment consacré au théâtre, ou plutôt, il est consacré à ce qui préexiste au théâtre dans notre travail, c’est-à-dire au texte.

A propos des quelques développements qui suivent et qui forment une sorte d’introduction, je précise bien que je ne pense rien apprendre à personne et que, pour le lecteur, ces considérations appartiennent sans doute au domaine de l’évidence. Elles ne sont là que pour permettre de clarifier les objectifs de ce blog.

Nous pratiquons un théâtre de texte et donc, chez nous, le texte est premier. Mais s’il est premier pour notre troupe de théâtre, il ne l’est bien évidemment pas dans l’absolu. Il y a toujours quelque chose qui préexiste au texte, par exemple : ce dont l’auteur a fait l’expérience et dont il est parti pour écrire.

Cette chose préexistante, pour simplifier, disons que c’est le réel. Et si les textes nous intéressent, disons que c’est parce qu’ils parlent du réel, qu’ils nous aident à le comprendre et à le faire nôtre.

Nous pensons qu’un texte procède de l’expérience de l’auteur et que, en lisant le texte, nous pouvons accéder à l’expérience qu’il a eu du réel, nous pouvons voir ce qu’il a vu.

En suivant ce raisonnement, nous pourrions dire que, pour nous, mettre en scène un texte c’est essayer de trouver le moyen de communiquer l’expérience dont est issu ce texte au spectateur.  L'acteur, intermédiaire entre le texte et le spectateur, est chargé de cette communication.

Le théâtre serait donc un lieu où, le temps de la représentation, le public, les acteurs et l’auteur du texte regardent dans une même direction.

Une difficulté

Mon premier constat de jeune metteur en scène a été que se contenter de présenter le texte brut aux spectateurs ne marchait pas. On comprend très bien un texte quand on le lit chez soi, mais pas au théâtre. Peut-être est-ce parce que contrairement au lecteur, le spectateur n’est pas maître du tempo de l’action. Il ne peut pas revenir en arrière pour relire. Il ne dispose pas non plus du temps nécessaire pour penser.

Comment partager ce qui fait qu’un texte nous donne du plaisir ? Comment faire apparaître le réel dont il parle ? C’est peut-être le principal problème du metteur en scène, et ma conviction est que quelque soit la diversité des solutions qu’on y apporte (et il suffit de sortir à Paris pour voir que ces solutions sont nombreuses) on ne peut pas y couper : il faut interpréter le texte. C’est-à-dire, plutôt que de parler de lui, le faire parler.

C’est ce travail préparatoire d’interprétation du texte que nous voulons faire paraître sur ce blog.

En publiant l’interprétation des textes que nous mettons en scène, nous voulons recréer le terrain sur lequel plus rien de ce qu’ils disent ne coule de source. C’est-à-dire le terrain de leur actualité.

Le but de ce blog est de restituer les textes à la polémique.

David Goldzahl et Nathanaël Hozé